Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2008
L M M J V S D
      1 2 3 4
5 6 7 8 9 10 11
12 13 14 15 16 17 18
19 20 21 22 23 24 25
26 27 28 29 30 31  
<< < > >>

Catégories

Archives

Mardi 13 mai 2008

Bayrou, ce moucheron que Sarko n'arrive pas à écraser

Par Nicolas Domenach. Isolé à l'Assemblée, persécuté par la droite et la gauche réunies, le Béarnais reste présent dans le coeur des Français.

 

François Bayrou est seul. Très seul. De plus en plus seul, exilé là-haut tout là-haut, au plus haut des gradins de l'Assemblée nationale avec les non inscrits, dans ce qu'il appelle « le pigeonnier de la liberté ». Solitaire donc, mais vivant. A ses côtés ne reste plus que son ami Pyrénéen, le fidèle Jean Lassalle, ce géant chantant qui bat des mains comme des ailes quand son chef tente de prêcher… dans le désert parlementaire.

La droite fait en effet comme s'il n'existait plus, ne lui accordant pas même l'aumône d'un regard ou d'une attention lorsqu'il se manifeste. Le brouhaha du mépris accompagne ses rares propos. L'UMP se distrait ostensiblement, mais la gauche aussi, qui ne veut pas lui accorder davantage d'existence, encore moins peut-être, et vaque à son courrier comme à ses conversations quand le président de l'UDF s'exprime à la tribune de l'Assemblée nationae. C'est rare ; le règlement du parlement est fait justement pour que les orphelins de groupe soient réduits à la portion congrue. Or, la portion congrue, encore plus réduite après sa défaite aux municipales dans sa bonne ville de Pau, cette demi-portion que les derniers des derniers sénateurs UDF ont entrepris d'abandonner sous la férule exigeante du président de la République en personne, cet avorton du Centre ne perd pas le sourire.

Bayrou, « Lou ravi du Béarn » comme l'appellent méchamment ses ennemis, et il en a beaucoup, a été requinqué par les récentes enquêtes d'opinion qui prouvent qu'il existe encore. C'est la force de ce thermomètre-sondagier, il peut vous donner une « bonne » fièvre. Il y a d'abord eu le sondage CSA-Marianne qui lui accordait 19 % d'intention de vote pour la prochaine élection présidentielle. Soit un point de plus qu'après le premier tour de 2007, alors qu'il a raté l'entre deux tours et que la stratégie d'alliance tous azimuts aux élections municipales a été pour le moins erratique. Nicolas Sarkozy en a pourtant profité pour répéter la consigne d'extermination et s'énerver contre ceux qui ne la suivent pas, tel Alain Juppé : « il faut écraser l'infâme… ». Le chef de l'Etat est bien obsédé par ce moucheron dont il ne parvient pas à se débarrasser.

Car la stratégie d'éradication poursuivie par le président en personne ne fait pas de doute. Il l'a suffisamment répété à ses proches, parfois avec colère, car leur écoute est trop molle, nonchalante : « Nous avons laissé Bayrou survivre en 2002 et il n'a cessé de nous pourrir la vie. Il faut éviter à tout prix qu'il puisse nous prendre des voix en 2012 ». Voilà pourquoi les manœuvres de déstabilisation ont repris de plus belle au Sénat - un sénateur en moins c'et de l'argent en moins pour le parti bayrouiste - et voilà pourquoi Sarkozy presse aussi le Nouveau Centre de se structurer et de s'organiser davantage ; le jeune Christophe Lagarde, député de Seine Saint-Denis est ainsi particulièrement mis en avant, car lui connaît bien Bayrou et peut donc lui faire mal… », dit-on à l'Elysée.

Mais Bayrou commence à avoir le cuir vraiment épais, même si lui pèse cette quarantaine de pesteux qu'il doit subir avec Marielle de Sarnez. Tant que les Français et les militants ne le lâchent pas, ça va. Or non seulement ils ne l'ont pas rayé du paysage mais encore ils veulent le réintroduire dans le jeu. C'est lui qu'ils plébiscitent ainsi comme futur Premier ministre pour succéder à Fillon, loin devant Kouchner, Alliot-Marie, Juppé, Borloo, Dati… Il a en lui quelque chose de calme, de déterminé, de paysan, et pour cause, qui rassure face au président Zébulon. En dépit des critiques sur ses inconséquences et sa grosse tête, sa personnalité ne rebute pas. Mais plus encore, ses critiques de fond du sarkozysme sont partagées par les Français, alors qu'il les a exprimées le plus tôt et le plus durement : son refus de l'argent roi et du culte des idoles tocs comme de la réussite tic, son exigence de partage et d'équité, ses appels à plus de retenue dans l'exercice d'une fonction royale que ce spécialiste d'Henri IV a toujours voulue plus majestueuse et plus rassembleuse, son langage de vérité sur les déficits et son exigence de ne plus jeter l'argent par les fenêtres, sa détestation du modèle américain de consommation et de perte d'être… »etc… Sur le fond, les Français lui ont donné raison !

Mais les classes populaires et moyennes qui se détachent de Sarkozy vont-elles aller vers lui, qui ne parvient pas à constituer d'équipe ? Les perspectives sont plus souriantes aujourd'hui qu'hier : pour les élections européennes, ce sera plus facile qu'aux municipales avec la proportionnelle régionale. Et puis les militants n'ont pas déserté: alors que UMP et PS perdent plus de 30 % de leurs adhérents. Un constat le ravi : les foules déçues du sarkozysme ne se tournent pas d'enthousiasme, il s'en faut, vers une gauche préoccupée d'abord de ses affrontements nombrilistes.

Bayrou, sûr de son coup, a prophétisé un éclatement du PS dont il attend avec impatience les retombées. Ca ne dépend pas de lui certes, et si le Parti socialiste échappait à ses démons de la division, là ce serait plus coton. Le patron du Modem n'est donc pas maître de son destin et paraît parfois plus enclin à accrocher sa charrue à sa bonne étoile qu'à creuser profond son sillon pragmatique. Mais Bayrou a le sourire confiant des nouveaux évangélistes qui ont vu Dieu ou la mort de près : il décrit avec sérénité le long chemin ouvert devant ses pas. Un chemin difficile, escarpé, un chemin d'épreuves souvent et de croix parfois, mais il avait prévu l'échec du sarkozysme, puis la fracture de la gauche et enfin sa percée. Il y a près de 20 ans, il me disait et me répétait en privé : « je créerai une force autonome, je me présenterai à la présidentielle : la première fois, je ferai un score à un chiffre, la seconde fois, ce sera à deux chiffre, la troisième fois, je gagnerai… ». Il y croit… Vous comprenez pourquoi Sarkozy, Copé et les autres veulent l'enterrer vivant.

Lundi 12 Mai 2008 - 13:39
Nicolas Domenach
publié dans : MoDem national
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 29 avril 2008
Robert Rochefort, Directeur du Credoc, se trouvait  bien entendu parmi nous à la Maison de la Chimie.
Il a rappelé que le terme "pouvoir d'achat" était un mot "valise", raison pour laquelle le dernier discours du Chef de l'Etat est resté bien vague sur ce sujet.

Les vrais difficultés se traduisant par :

L'émergence des travailleurs pauvres, du problème du logement, voire des travailleurs pauvres (y compris des fonctionnaires) SANS logement.

L'impossibilité des classes moyennes à se projeter dans l'avenir, leurs salaires étant pratiquement stables depuis 10 ans.

Alors faut il consommer plus???

La réalité montre que les économies faites  par la population actuellement, se portent sur l'alimentation afin de pouvoir effectuer des achats annexes. Ces achats annexes signant une continuité d'appartenance à la société actuelle (téléphone portable, ordinateur, écran plat...).

Faut il proposer un nouveau modèle de société, avec d'autres valeurs, et proposer  plutôt un modèle de croissance qualitative?

Robert  Rochefort était également à Villepinte lorsque nous nous sommes réunis pour le congrès fondateur. Son exposé sur le pouvoir d'achat est toujours d'actualité... Ecoutez....

publié dans : SOCIETE
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Mardi 29 avril 2008


Présente, bien entendu, à la convention des élus du 26 Avril 2008, je souhaite vous faire partager de précieux moments. Ainsi cette intervention de Jean Lassalle : bien sûr les valeurs partagées entre lui et François Bayrou. Mais également au delà des mots, cette amitié profonde qui donne du sens à ces mêmes valeurs.

Quand les mots, ne sont pas que des mots...
publié dans : MoDem national
ajouter un commentaire commentaires (1)    créer un trackback recommander
Lundi 28 avril 2008

Modèle de société

"Notre modèle, c'est la loi du plus juste"

À Bordeaux le 7 février, devant près de 4000 personnes, François Bayrou a proposé au pays un "nouveau contrat social et républicain".

 

"La France ne veut ni la société de l'un des candidats que l'on essaye de nous imposer, ni la société de l'autre.

L'une est dure pour les faibles, douce pour les puissants. On fait applaudir en meeting ceux qui se lèvent tôt et siffler ceux qui ne se lèvent pas … Ceux qui ne se lèvent pas, ou plus, pour la plupart d'entre eux, souhaiteraient eux aussi avoir un travail. Se lever le matin.

La société de l'autre, c'est un modèle que nous avons essayé, et qui a échoué. Il repose sur l'idée que l'État va s'occuper de tout. Pour nourrir cet État-là, il faudra augmenter considérablement les impôts, les prélèvements obligatoires - déjà en tête de tous les classements mondiaux.

Nous voulons une République honnête, un État impartial. Nous aimons la République qui s'appelle liberté, qui s'appelle égalité, qui s'appelle fraternité. Ce sont trois vertus de résistance. Parce que la liberté n'est pas naturelle : ce qui est dans l'ordre de la nature, c'est la loi du plus fort. L'égalité n'est pas naturelle, c'est l'inégalité qui l'est. La fraternité non plus, mais le chacun pour soi.

Notre modèle n'est pas la loi du plus fort, c'est la loi du plus juste.

Ce modèle social commence à l'école. L'école n'est pas seulement un lieu d'éducation et de savoir : c'est la clef de la cohésion nationale. A chaque Français, la République dit : "Par l'école, tu auras ta chance !". Prenons l'engagement de faire de l'école un lieu où les enseignants, les élèves, le savoir soient en sécurité.

Deuxième chapitre de notre contrat républicain : les banlieues. Faire de la concentration sociale fut une grande erreur. Je veux réintroduire la mixité sociale, imposer du logement social dans tous les programmes de logement. En direction des quartiers qui sont de fait, aujourd'hui, fermés, je souhaite un programme de transports : Clichy-sous-Bois est à quinze kilomètres de Paris, mais il faut une heure et demie pour aller à Paris ! Nous devons organiser le retour de l'État dans ces quartiers. Nous avons besoin d'une police de proximité, avec des recrutements dédiés aux quartiers pour qu'ils soient stables dans le temps, pour que les policiers soient capables d'interpeller les gamins en les appelant par leur prénom. Il y aura un sous-préfet dans chacun des quartiers, avec une administration, avec obligation de résidence. Et il faut de la démocratie : des conseils de quartier seront élus, qui se réuniront sous l'autorité du Maire.

Je défendrai un service civique universel de six mois, à partir de dix-huit ans. Le service militaire était injuste dans sa conception et inadapté : au lieu de l'abandonner, il aurait fallu proposer une démarche différente, humanitaire, universelle : garçons et filles, riches et pauvres. Une période où l'on sorte de son univers familier pour découvrir une autre sensibilité de la France, pour apprendre des choses utiles dans la société.

Combattons la souffrance sociale, l'exclusion. Le secteur de la santé mentale se sent abandonné ; parfois, les malades aussi ne trouvent plus de place dans notre société. Le nombre de bénéficiaires du RMI a augmenté depuis 5 ans. Parmi eux, des gens qui n'osent plus sortir de chez eux, qui n'osent pas avouer à leurs proches leur situation. Enfermés parce que, lorsqu'un travail est possible, il entraîne de telles difficultés, de telles dépenses, de telles pertes d'avantages divers, que l'on est conduit à refuser l'emploi.

Toute personne qui choisit le travail plutôt que l'assistance, doit y gagner ! Cela impose une simplification de toutes les aides, unifiées en une allocation qui tiendra compte de la situation de chacun, et cumulable de manière dégressive avec la reprise d'emploi. Et à toute personne aujourd'hui réduite à l'inactivité, je veux qu'en plus du modeste mandat qu'on lui verse mensuellement, on lui offre une activité au service de la société, si elle a les capacités physiques ou mentales nécessaires. Une activité indemnisée, dans une collectivité locale ou une association.

Je souhaite une nouvelle démocratie sociale, qui reconstruise la légitimité de la société face à celle de l'État. Qu'en matière sociale, on ne puisse plus voter une loi sans l'avoir déposée trois mois auparavant devant les partenaires sociaux. Nous devrions retrouver, entre l'État et les citoyens, des "corps intermédiaires" capables d'exprimer, face à l'État, la compétence des citoyens.

Cette France, celle de la loi du plus juste, défend un modèle de société auquel beaucoup d'autres peuples pourront se référer. Elle retrouve sa vocation et son Histoire. Elle retrouve l'espoir."

 

(Discours de Bordeaux 2007).

Aujourd'hui le Mouvement Démocrate dit toujours :

Entre un projet de société fondé sur l'assistance sur notre gauche, et un projet fondé trop souvent sur l'arrogance sur notre droite, il y a un immense espace pour le projet de société défendu par le MoDem.

"Nicolas Sarkozy a dit jeudi soir : je crois au capitalisme et à la mondialisation. Moi je crois à l'humanisme et à la justice" François Bayrou.



publié dans : MoDem national
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
Lundi 28 avril 2008


publié dans : MoDem national
ajouter un commentaire commentaires (0)    créer un trackback recommander
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus