Réponse à Monsieur Thierry Cornillet, député européen MoDem, qui
demande dans un « Manifeste pour un vrai centre » l’organisation d’un « congrès de la renaissance de l’UDF », qu’il souhaite à priori ressusciter…
Cher Monsieur Cornillet,
Je n’ai pas l’honneur de vous connaître personnellement, et je ne partage pas sur l’essentiel votre point de vue. Néanmoins, je
souhaite vous communiquer les sentiments que m’inspirent votre Manifeste, et ainsi participer au débat que vous proposez.
Non engagée politiquement, ne faisant pas partie du microcosme politique ardennais, je me suis rapprochée de François Bayrou au tout
début de la campagne présidentielle, menant ce que j’ai appelé une campagne « individuelle ». Cartée au mois de Novembre 2007, j’ai conduit la liste MoDem de Charleville Mézières
pour les Municipales de 2008(Liste autonome). Notre score a été, je ne vous le cache pas de 4, 94% (onze voix nous séparaient des 5%).
Je suis une adhérente du MoDem, je n’ai pas vécu la grande aventure UDF,
même si culturellement et intellectuellement je la connais assez bien. Je comprends le sentiment de « Mort Subite » que vous ressentez. Et
pourtant, tout organisme moral ou naturel, connaît une naissance, une évolution, une transformation. Tel est le cycle naturel des choses…
L’erreur dont vous parlez et dénommez comme telle, qui aurait été commise par François Bayrou (dénommée par certains ancien UDF
« l’erreur de l’entre deux tours » a été la raison de ma décision d’engagement.
Ce que vous nommez erreur, je l’ai nommé courage.Car à ce moment,
pour moi, au-delà d’un choix, j’avais également fait ce refus. Tellement les valeurs représentées par cet homme là (Nicolas Sarkozy), m’étaient insupportables. Les propos tenus, la démagogie,
étaient de l’ordre de l’intolérable (je vis dans les Ardennes…). Entendez le bien, ce n’est pas l’UMP qui m’est insupportable, mais cet homme là, avec ses valeurs là…
Et devant le courage de François Bayrou qui a pris ses responsabilités, j’ai décidé quelques mois plus tard, moi-même, d’avoir le
courage de prendre un engagement.
J’ai apprécié l’obligation de prise de responsabilité par les têtes de liste du choix de l’entre deux tours, j’ai apprécié de ne pas
être instrumentalisée. Car dans ma ville, la question posée, préalablement au dépôt d’une liste autonome a été : pourrais-je travailler avec Mme x et pourrais-je travailler avec Mme Y ?
Quelque soit leur parti pourra t on travailler ensemble ??? Sont ce des femmes de dialogues ? Sont ce des femmes de projets ? Quelle est la vision que nous avons de notre ville, de
celle-ci dans quelques années ? Nos points de convergence sont ils plus forts que nos points de divergence. Si oui pourquoi ne pas faire liste commune ?
Comment établir des alliances préalables nationales sans tenir compte du contexte local ? Ce ne serait qu’une vaste fumisterie,
ou plus élégamment « des petits arrangements entre amis ».
Notre socle commun sont les valeurs que nous portons et que nous
souhaitons mettre en évidence et non un chèque un blanc à n’importe quel individu du moment qu’il posséderait la carte du « bon parti ».
Bien sûr, je fais partie de « ces nouveaux militants », dont la
fraîcheur n’a d’égale que l’inexpérience, et vous avez sur ce point tout à fait raison. J’ai appris en faisant, en quatre mois…Expérience formatrice au demeurant…J’aurais aimé bénéficier de
l’apport des anciens nationaux de l'UDF. Drôle d’impression de solitude voire d’abandon, mais accord total avec mes convictions profondes. Chez moi, deux piliers : Jacques Jeanteur et Jean
François Leclet, merci encore à eux pour tout…, et de nombreux adhérents MoDem, UDF historiques, loyaux , en accord et avec leurs convictions et avec leur adhésion, merci à eux d'avoir été
présents sur ma liste.
Je tiens à vous préciser, Monsieur Cornillet, que ces nouveaux militants,
que nous sommes, ne souhaitent en aucune manière vous expulser. Il est important que les anciens UDF soient là, présents politiquement et humainement, consistants, accueillants, formateurs.
N’ayez pas peur de nous, les nouveaux ! Nous vous respectons sachez le…Les racines sont indispensables à la vie. L’UDF et ces anciens membres
sont ces racines indispensables. En revanche, sous prétexte que nous n’avons « rien prouvé »politiquement, ne refusez pas de nous rencontrer, de nous entendre, et visionnez quelque peu
notre parcours professionnel…qui peut aussi servir de gage sur l’avenir.
En France la plus grande majorité de la population n’est pas cartée… et pourtant elle existe, elle pense, et accessoirement elle
vote.
La démarche mise en œuvre par François Bayrou touche ces milliers de personnes non encore cartées. Enfin elle répond à
ce besoin, enfin des propos mesurés, de la nuance, de la réflexion, de l’intelligence ! Si le socle de l’électorat de l’UDF était centriste, le socle du MoDem était non carté jusqu’à
maintenant et croyez moi cela représente du monde ! Et oui, il va falloir du temps pour construire, mais c'est ainsi.
Dans votre texte vous employez le « nous », est-ce de la rhétorique ou qui se trouve derrière le
« nous » ?
Vous constatez que nous avons un scrutin majoritaire, oui de fait, mais pourquoi ne pas persévérer pour faire avancer l’idée de
scrutin avec de la proportionnelle ?
Vous demandez un retour en arrière, et rapide et peut importe l’opinion de François
Bayrou… Cela s’appelle un putsch, non ?
Je pense Monsieur Cornillet, et cela je peux le comprendre, que vous ressentez beaucoup de peur face à un moment de bouleversement du Parti qui était votre famille.
Néanmoins, dans la tempête, il est important que les Capitaines (dont vous êtes certainement) restent calmes. Toujours droits dans
leurs bottes et en avant toute !
Je vous propose d’avancer, Monsieur, ensemble et avec François Bayrou…auquel j’apporte mon soutien
inconditionnel.
Amitiés,
Laurence Constant Mouchet
Tête de Liste MoDem
Municipales de Charleville Mézières (08000).