Il y a des jours où l’engagement politique prend un autre sens. Il y a des jours où des individus obligent les politiques à avancer.
Et pourtant tout cela est tellement complexe.
Cela commence avec le sens de notre vie, jusqu’au sens de notre mort, avec entre les deux le sens de notre existence. Soyons en conscients, cela mélange le religieux ou l’absence de religieux (au choix) avec l’ordonnancement de nos vies citoyennes régit par la Loi.
L’individu peut il décider ou non de sa mort ? L’état peut il accepter ce choix, les religions peuvent elles accepter ce choix ?
Chantal Sébire savait. Elle savait l’issue de sa maladie. Elle savait les décisions qui seraient prises, concernant son souhait d’euthanasie active. Mais elle a souhaité raviver le questionnement, jusqu’au bout elle a été citoyenne. Jusqu’au bout elle a dit : « voyez l’incohérence de ce système, mettez la question sur la table ! »
C’est bien pour cela qu’elle a refusé de bénéficier des mesures proposées par loi Leonetti L’auteur de cette Loi est Jean Leonetti, UMP, 2005). Loi qui pourtant a été une avancée majeure.
Il est des jours où on n’aurait pas envie, pas envie d’être à la place de Jean Pierre Alacchi, procureur de la République de Dijon, qui devait décider ou non de l’autopsie…
Et pourtant, c’est uniquement grâce aux résultats de l’autopsie, que l’on pourra à nouveau remettre le débat sur la table. Telle est la loi, quand on sait, on ne peut pas faire comme si on ne savait pas. Et il savait. Quand on cherche, on trouve et après il va falloir en assumer les résultats…
Que l’on ne s’y trompe pas. Nous sommes tous de futurs malades…notre vie , ne durera qu’un temps et nous serons mis en face de cette problématique pour nous même ainsi que pour ceux que nous aimons…
Que l’on ne s’y trompe pas, des pressions de responsables religieux puissants seront exercées.
Il est important de ne pas légiférer, en climat passionnel et en cela je suis en plein accord avec Bernard Accoyer.
Néanmoins, il sera nécessaire de faire avancer ce débat d’un grand pas. Le geste de Chantal Sébire ne nous laisse pas le choix. En politique, le courage, n’est pas le moindre des pré -requis. Ne faudrait-il pas envisager une formule d’exception à la réglementation en vigueur, allant dans le sens suivant : une demande posée par un individu, étudiée par un collège de médecins et une décision rendue par le juge ?
Il y a des jours où l’engagement politique prend tout son sens. En ce moment, nous pouvons dire aux enfants de Mme Sébire : Votre maman a été une grande citoyenne.
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