Samedi 15 novembre 2008

La commission de l'emploi et des affaires sociales du Parlement européen a envoyé un message très ferme à la Présidence française au sujet de la directive sur le temps de travail, en réaffirmant en deuxième lecture, mercredi 5 novembre 2008, la position qu'avait exprimé le Parlement en 2005, lors sa première lecture... (Lire la suite)

 

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Pour Bernard Lehideux, Député européen en charge de l'emploi et des affaires sociales, "le rapport adopté par la commission de l'Emploi est une victoire pour les salariés européens. Nous disons aux Etats membres que sommes prêts à négocier, mais pas sur n'importe quelle base. Or le texte proposé par le Conseil était inacceptable. La balle est désormais dans le camp des Etats membres, et notamment entre les mains de la Présidence française et du Royaume Uni, lequel est pour l'instant le principal obstacle à un accord raisonnable."

En adoptant par 34 voix pour, et 13 contre, le rapport de l'Espagnol Alejandro Cercas, les députés ont rejeté les tentatives des Etats membres d'autoriser un employeur de déroger à la limite légale des 48 heures de travail hebdomadaire avec l'accord individuel du salarié.

Cette faculté, aussi appelé "opt out", existe dans la législation actuelle, et est défendue avec acharnement par le Royaume Uni, qui bloque depuis des années au Conseil des ministres toute législation remettant en cause cette faculté.

Or, pour Bernard Lehideux, "l'opt-out va totalement à l'encontre d'un droit européen du travail, protecteur des salariés, que nous construisons pas à pas depuis des années. Il faut être bien naïf pour croire que le salarié est dans une relation d'égal à égal avec son employeur. Dans la très grande majorité des cas, lorsque l'employeur demande au salarié d'envisager une dérogation à la limite légale du travail, ce dernier n'a pas la possibilité de refuser. Cette situation est devenue inacceptable, et il faut en sortir, même si une période de transition est envisageable."

Bernard Lehideux a également voté pour que l'ensemble du temps de garde, notamment dans le cas des professions médicales, soit considéré comme du temps de travail. "Cette disposition préserve bien entendu la santé des médecins, mais aussi la sécurité des patients !".

Enfin, le rapport prévoit notamment que le repos compensatoire soit pris immédiatement après le temps de travail accompli par le salarié.

Ce rapport sera discuté en session plénière en décembre prochain, à Strasbourg.

 



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Commentaires

"Il faut être bien naïf pour croire que le salarié est dans une relation d'égal à égal avec son employeur." Bravo ! Vous avez avez totalement raison. Honneur à tous les députés qui ont fort bien réagit. Ce lien de subordination est d'ailleurs matérialisé dans la loi. Ainsi le code du travail posait un certain nombre de protections vis-à-vis de cette subordination de fait. Par exemple, les dispositions concernant la durée du travail ou bien les normes de sécurité (comme le port du casque, par exemple) étaient décrites dans le Livre 2 du code du travail qui concerne les obligations qui incombent à un employeur concernant la santé, l'hygiène et la sécurité. Du fait de ce lien de subordination, il appartenait à l'employeur de faire respecter ces normes. Un patron a toujours assez d'autorité pour faire respecter la ponctualité. Il en a aussi pour faire respecter la durée légale du travail ou le port de chaussures de protection, et c'est donc lui qui devrait être tenu responsable en cas de manquement. Eh bien la recodification a consisté à placer ces règles dans les obligations qui incombent au salarié. En cas d'accident, le salarié risque donc d'être désigné comme le responsable. Espérons que les juges n'en tiendront pas compte.
Commentaire n°1 posté par PS Charleville le 03/01/2009 à 14h28
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